Mans Classic 2022. Le récit de L’argus en Renault 4CV [+ vidéo]

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Mans Classic 2022. Le récit de L’argus en Renault 4CV [+ vidéo]

🛻🚗🚛 Mans Classic 2022. Le récit de L’argus en Renault 4CV [+ vidéo]
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Mans Classic 2022. Le récit de L’argus en Renault 4CV [+ vidéo]

Participer au Mans Classic n’est pas donné à tout le monde. Pour rouler sur le grand circuit sarthois, le même que lors des 24H, de nombreux paramètres entrent en ligne de compte. Outre le budget conséquent réclamé, il faut un ou des pilotes licenciés et surtout un véhicule éligible, c’est-à-dire qui ait participé à la classique mancelle par le passé. Depuis 2019, cette idée d’engager une 4CV trotte dans la tête de Renault Classic. Pandémie mondiale et report en série de l’événement oblige, l’engagement de la « motte de beurre » sur la course n’avait pas pu avoir lieu…jusqu’à cette année 2022 ! Pour l’occasion, trois modèles sont au départ : la n°46, la n°47 et la n°48.


Dans les traces de la 4CV des années 50

Pas d’anniversaire particulier autour du modèle, juste un parfait alignement des planètes qui a permis à Renault d’engager sa citadine… et à L’argus d’être convié à participer ! Pour former son équipage, déjà composé du talentueux Alain Serpaggi, Hugues Portron, le directeur de Renault Classic, souhaitait une présence féminine. Et comme notre rédaction compte l’une des rares journalistes licenciées : l’affaire était signée !

Alain Serpaggi pilote renault alpine
Alain Serpaggi est un pilote de rallye et de circuit reconnu. Il participe régulièrement à des évènements pour le compte de Renault Classic.
Géraldine Gaudy le manc classic 4CV
Géraldine Gaudy, rédactrice en chef adjointe de L’argus, roule en Caterham. C’est aussi le binôme de Mathieu Sentis sur le Tour Auto.

Les équipes du patrimoine de la firme au losange, à la manœuvre sur ce projet, ont intégralement reconstruit une 4CV pour lui offrir sécurité et performance. La citadine a été mise au point par monsieur Serpaggi, qui compte de nombreuses participations en rallye et pas moins de 5 engagements aux 24 Heures du Mans dans les années 60/70. C’est donc avec Alain que j’ai réalisé mes premiers tours de roue au volant de la citadine, réplique de la 4CV engagée en 1950 au Mans. Après une rapide prise en main, et un galop d’essai sur l’autoroute pour découvrir le comportement du modèle à plus de 130 km/h, nous voilà de retour à Flins pour un petit débrief.

renault 4CV 1950
La 4CV s’est illustrée en 1950 sur la course des 24H du Mans.
renault 4CV course sur route
La 4CV lors d’un court galop d’essai sur route ouverte.

Alain m’assure que l’auto n’est pas piégeuse et « téléphone » avant de décrocher. Je le note dans un coin de ma tête, mais reste encore craintive face à cette petite bête qui louvoie à grande vitesse et se dandine dans les virages…la faute au moteur positionné à l’arrière ! Le prochain rendez-vous marquera mon saut dans le grand bain.

 

Une 4CV finalement facile à dompter

Jeudi 29 juin, le coup d’envoi du Mans Classic est donné ! Le parcours du combattant des vérifications administratives (qui comprend la vérification des licences, de notre voiture et le briefing pilote) achevé, l’heure est à la redécouverte (en statique) de notre monture, l’installation des caméras dans la voiture et, pour moi, une petite séance de couture…pour apposer sur ma rutilante combinaison l’écusson du Mans Classic et de mon club « L’Ecurie Automobile du Comminges » qui me soutient dans mes projets en lien avec la compétition automobile.

briefing pilote le mans classic
Le briefing des pilotes fait partie des incontournables pour valider la participation d’une équipe sur l’épreuve.
couture combinaison le manc classic
Séance couture obligatoire pour fixer sur ma combi les écussons dont celui de mon club-sponsor l’Ecurie Automobile du Comminges.

Vendredi 1er juillet. Il n’est que 9h, mais la pression monte déjà… Pourtant, notre premier roulage n’est prévu qu’à 17h ! Je vais passer la journée la boule au ventre avec le stress de découvrir « en vrai » un circuit que je connais pourtant par cœur en vidéo et dompter ce petit bolide dont le dernier fait d’armes au Mans Classic n’est pas brillant. En 2018, une voiture engagée par un privé a fini sur le toit !

renault club le mans classic
Les clubs étaient aussi présents au Mans Classic. L’occasion d’échanger avec des propriétaires de 4CV.

A écouter les conseils des propriétaires de 4CV, présents dans l’espace club près de notre stand, je me crispe un peu plus : ne change pas de cap trop rapidement sous peine de verser, n’accélère pas à plein charge tout le temps sinon le moteur peu casser… Cette 4CV, aussi mignonne soit-elle, finit par me terroriser. C’est vrai qu’on est loin, très loin, du comportement de ma Caterham Seven ! Il va donc falloir réapprendre à piloter.

A quelques minutes du coup d’envoi des qualifications, je passe ma combinaison. Alain et toute l’équipe de Renault Classic sont d’une bienveillance à toute épreuve. Il n’y a bien que moi pour ne pas croire en moi ! La session est lancée. Au bout d’un gros quart d’heure, Alain rentre aux stands pour me céder le volant. L’installation est rapide, nous faisons la même taille ou presque. Il n’y a qu’à faire glisser le baquet sur la glissière et fixer les harnais, et le tour est joué. Après quelques contrôles d’usage du moteur, je redémarre notre bolide. Du moins, je tente. Le stress et l’effervescence me font oublier qu’il faut tirer haut la poignée du démarreur (positionné près du frein à main) pour lancer la mécanique. Heureusement que Jean-Louis Pichafroy, le responsable technique de Renault Classic, veille au grain. Accompagné de ses explications, le bloc se lance.

Renault 4CV course Le Mans Classic
La 4CV prêtée par Renault Classic a été intégralement préparée pour les besoins de la course.

Je passe la première et me voilà partie dans la longue voie des stands limitée à 60 km/h… Je m’élance, deuxième, troisième, quatrième…Frein, troisième. C’est un peu crispée que j’aborde la chicane avant la Dunlop, et puis j’accélère. Arrivée au Tertre Rouge je plonge dans l’inconnu… Me voilà dans la fameuse ligne droite des Hunaudières. Une portion mythique du tracé où les concurrents qui m’entourent filent à vive allure. En quatrième, à 5900 tr/min, je plafonne tout au plus à 135 km/h selon les infos du Coyote installé à bord (et jusqu’à 152,6 km/h pour la 4CV n°48). Finalement, la 4CV se révèle beaucoup plus stable que sur autoroute. Mes appréhensions à haute vitesse se dissipent. Aux virages, je freine systématiquement tôt mais me rend rapidement compte que les tambours sont finalement plus endurants qu’il n’y parait. Au prochain tour, je retarderai mes freinages et tenterai de passer plus vite dans les virages.

Renault 4CV course profil le mans classic
La 4CV est amusante à conduire et facile à prendre en main.

C’est finalement la gestion du trafic qui se révèle la tâche la plus ardue. Je passe le plus clair de mon temps à regarder dans les rétros pour ne pas me faire percuter par un concurrent plus rapide. Le delta de vitesse entre les premiers et les derniers du plateau est flagrant. Notre 4CV boucle les 13,626 km du circuit en 7:38 min (pour son meilleur tour) quand les Jaguar XK, Aston Martin DB3 et autres Mercedes 300 SL tournent environ 2 minutes plus vite ! De retour au stand, je suis satisfaite de mon premier roulage. Beaucoup de mes craintes se dissipent et les encouragements de l’équipe me redonnent confiance, comme le petit mot laissé par Hugues au scotch sur la planche de bord « Tranquille Géraldine, tout va bien 🙂 » . L’objectif est désormais de boucler la première course du samedi qui se joue… en partie de nuit !

renault 4CV message hugues portron
Pour apaiser Géraldine, plutôt stressée, l’équipe de Renault Classic a apposé un message sur le tableau de bord.

 

Ma première nuit sur le circuit du Mans

Samedi 2 juillet. Le circuit fait le plein de visiteurs. Tous les parkings sont saturés de voitures de collection. Les visiteurs, pour certains costumés, donnent un charme supplémentaire à l’événement où sont rassemblés plus de 8 000 véhicules. Au sein du circuit, les autos modernes n’ont pas le droit de cité.

Renault KZ dépanneuse 1932
Le camion d’assistance Renault a de l’allure !

C’est en ancienne qu’il faut se déplacer. Le public circule à bord de bus anciens, les pilotes à bord de VW Combi mis à disposition par les organisateurs, et chez Renault c’est un antique KZ de 1932 transformé en dépanneuse par l’inventif François qui nous sert de véhicule d’assistance. Affectueusement surnommé « Martin la dépanneuse », il assure le spectacle tout autant que les vrais-faux motards de la gendarmerie que l’on croise pendant leurs patrouilles !

Pour notre 4CV, le coup d’envoi des hostilités doit initialement démarrer à 21h30. Le retard accumulé au sein de la journée nous fera finalement partir sur les coups de 22h avec une luminosité entre chien et loup. Alain Serpaggi s’élance pour ce premier run alors que la luminosité décline à vitesse grand V. Une chose est sûre désormais : mon relai se fera de nuit. Une grande première pour moi !

renault argus 4CV le mans classic
Le stress monte dès lors que l’on est casqué…
changement pilote le mans classic
… et se dissipe dès que la voiture arrive au stand.

Le changement de pilote au stand s’effectue sans encombre et me voilà partie à l’assaut de la piste sarthoise à la seule lueur de mes phares… La nuit au Mans, il y a quelque chose de magique. Et c’est encore plus vrai une fois que l’on quitte le secteur du Tertre rouge et que l’on s’enfonce dans la forêt, dans la nuit noire. A fond dans ma 4CV, j’ai le temps d’imaginer ce que ressentent les pilotes de prototypes sur cette route bosselée. Et il y a de quoi être impressionnée de savoir que certains y ont dépassé les 400 km/h. La nuit, tout est différent. Les virages, éclairés à la lueur des lampadaires ou quelques spots, vous sautent par moment au visage. Votre regard est souvent ébloui par les phares des concurrents les plus rapides. Plus qu’à n’importe quel autre moment, il faut redoubler de vigilance. Le risque de se faire percuter n’est jamais exclu.

renault classic nuit 4CV
Il faut redoubler de vigilance pour bien apprécier la distance des phares des autres concurrents dans son rétroviseur.

Après 45 minutes de roulage, le drapeau à damiers nous est présenté dans la ligne droite. J’emprunte le tracé du circuit Bugatti avec la satisfaction d’avoir donné le meilleur de moi-même dans cette auto que j’appréhende encore beaucoup. Dans la tente, toute l’équipe (Christophe, Eric, François, Jean-Louis…) nous attend pour bichonner notre auto avant le prochain run qui doit avoir lieu moins de cinq heures plus tard.

 

Un dimanche de folie !

4CV trois voiture le mans classic
Les trois 4CV engagées au Mans Classic étaient proches techniquement ce qui a autorisé de belles batailles en piste.

Dimanche 3 juillet. Tous les pilotes Renault sont en tenue. Il est 4h du matin. Notre mise en pré-grille, initialement prévue à 04h30, est décalée de 30 minutes. Bonne nouvelle, nous devrions donc rouler avec le lever du soleil. Alain est une nouvelle fois au départ, et assure comme à son habitude. Les deux autres 4CV, la n°47 et la n°48, sont également extrêmement bien placées. Depuis le début du week-end, nous sommes aux avant-postes dans le classement de l’indice de performance. C’est une course dans la course. Pour calculer les positions, on prend le classement final auquel on ajoute un coefficient qui prend en compte l’âge et la cylindrée du véhicule. Le run au soleil levant est absolument grandiose. Là encore, le circuit du Mans révèle un nouveau visage. On recommence à voir des visiteurs aux abords du tracé. Preuve qu’une nouvelle (et chaude) journée s’annonce. L’épreuve se termine sans encombre avec une 4CV qui tourne comme une horloge !

renault 4CV depart le mans
Le départ de type Le Mans, avec voiture en épi, fait partie des images incontournables du Mans Classic.
renault 4CV depart le mans alain serpaggi
Alain Serpaggi, qui a participé 5 fois aux 24H du Mans, connait bien l’exercice.

Sur les coups de midi, l’ambiance est à la fête. Le public est en liesse puisque le départ des courses est donné façon « Le Mans » c’est-à-dire avec les voitures garées en épi d’un côté, et les pilotes de l’autre. Notre fringuant Alain, 83 ans tout de même, n’a rien perdu de sa fougue. Il s’élance vers notre 4CV et prend un départ parfait. Lui qui craignait que « la voiture ne démarre pas » a assuré le coup ! Malgré la chaleur et les kilomètres parcouru, la n°46 n’aura jamais eu de coup de mou. Elle s’est montrée d’une fiabilité sans faille et avec un appétit d’oiseau : 8,5 L/100 km. A 5 € le litre de carburant sur le circuit, on est plutôt content de ne pas avoir un V8 sous le capot ! Finalement seule une petite erreur de notre part (un arrêt au stand trop tardif) nous pénalise sur le podium de l’indice de performance. Nous n’occupons pas la 2e position, mais la 3e. Saluons la très belle performance de la 4CV n°47, et de son duo Patrick Henry – Julien Saunier, qui se hisse à la 1ère place du classement. La n°48 aura eu moins de chance sur la dernière course, victime d’une avarie technique.

podium indice performance plateau 2
Pour Alain et Géraldine, l’histoire se termine à la 3e place du classement de l’indice de performance. Bravo !
Patrick Henry et Julien Saunier podium indice performance plateau 2
Patrick Henry ( à gauche) et Julien Saunier (à droite) montent sur la plus haute marche du podium.


Une aventure, une équipe et des coéquipiers incroyables

départ plateau 2 Le Mans Classic renault

Au terme de ces 4 jours, impossible de ne pas avoir le sourire et la satisfaction du travail accompli. La voiture est rentrée au stand en un seul morceau avec un moteur prêt à reprendre la piste dès 2023* ! Tous les pilotes chevronnés de l’équipe Renault Classic saluent les performances de ce petit bolide qui, finalement, cache bien son jeu.

« C’est vrai que sur le papier, faire le Mans Classic avec ses 7 km de ligne droite dans une 4CV, ce n’est pas très tentant. Mais en fait la voiture est tellement rigolote qu’on a pris beaucoup de plaisir » concède Julien Saunier, pilote de la n°47 et vainqueur du Trophée Alpine Elf Rally 2021. Même satisfaction du côté de son coéquipier, le pilote de rallye Patrick Henry « C’est une voiture très décalée et très sympa à rouler, surtout avec trois véhicules aux performances si proches. On s’est bien amusés à se doubler ».

renault classic team le mans classic
L’équipe de Renault Classic presque au complet. Merci aux organisateurs (Hugues, Jean-Louis, Dominique et Amélie) et surtout aux mécanos (François, Christophe, Eric…).

L’équipage de la n°48, qui roulait aussi avec une Alpine A110, ne tarit pas non plus d’éloges sur la petite populaire de Renault « C’est une agréable surprise cette 4CV. On est parfois un peu sur la réserve pour ne pas glisser, mais elle est efficace et amusante » concède Christain Chambord. « On est tout le temps à fond, c’est un vrai jouet » assure quant à lui Jean-Pierre Prévot, prêt à remettre le couvert dès l’année prochaine. Le mot de la fin revient à Alain Serpaggi qui nous a confié être « tout à fait partant pour reprendre le volant de cette fabuleuse voiture qui lui rappelle de très bons souvenirs ». Messieurs de Renault Classic, vous voilà prévenus ! 

*Le Mans Classic aura lieu du 29 juin au 2 juillet 2023

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Mans Classic 2022. Le récit de L’argus en Renault 4CV [+ vidéo]
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